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Entrez dans le monde fantastique d'Atlantidias Game !


PS : JE PRECISE QUE NOUS SOMMES DEUX SUR CE BLOG DANS LA CREATION D'ATLANTIDIAS GAME !




Le chapitre 4 du roman est en ligne !

Un nouveau dessin pour le concours de The Darkrai ICI.

♣ De nouvelles images dans la Galerie !

 

/! Atlantidias-Game est sous copyright ! © Yuuka Meikoro/Yui Mizuguchi – Tous droits réservés.


 

 

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CHAPITRE 5


JADE


Sur la façade sud, toutes les fenêtres du rez de chaussée donnaient sur une rue déserte et immaculée de propreté. Le crépuscule de la nuit laissait apercevoir le reflet d'une demi-lune sur les vitres modernes et saines de l'immeuble. L'intérieur, orné de somptueux parquets originaux et éblouissants de clarté, de meubles en acajou verni, et d'armoires débordantes de draps fantaisistes et de couverts en argent massif, et l'extérieur, aux couleurs sombres, vides et accentuant la discrétion, formaient un tel contraste qu'il s'y en créait une véritable attirance inexplicable. Le cœur empli de force et l'adrénaline me firent entrer dans cette pièce. Avec ce casque. Dans ce jeu. Dans ce premier niveau palpitant... Les couleurs changèrent, se déformèrent et se précisèrent pour laisser place à un paysage qui fit bondir en moi un sentiment de "déjà vu". Seule, j'étais seule, et j'allais enfin pouvoir atteindre mon objectif, débuter une nouvelle vie, une nouvelle ère, un nouveau défi et me laisser porter par les allégresses de cette envoûtante situation...


Engloutissement de salive, frissons, palpitations du cœur et transpirations débordantes m'envahissent immédiatement. Un rêve étrange une fois de plus... et dans la même semaine. Toutes ces images qui surgissent lors de mes nuits, sont-elles des signes ? des indications ? Toujours en rapport avec Atlantidias Game, ce... cela m'agrippe, me sert, me colle à la peau, je ne peux m'en défaire ! Comme une destiné à accomplir, un désir à satisfaire mêlés à une incompréhension totale des évènements. Oui. Il le faut. Je... je dois combler ces désirs intenses... mais comment ? Mes rêves sont des chemins, je dois les suivre, mon cœur me guide au-delà de cette insignifiance. Il fait nuit, il est temps d'agir ! J'ai cette envie qui stagne dans mes pores, cette voix qui me conduit en ce lieu. Je me lève, ma chemise de nuit se confond avec ma peau tellement la sueur m'envahit. Des picotements d'excitation me font passer à la cadence supérieure. Mon pas devient rapide et décidé, il faut que je gère cette peur pour ne pas qu'elle dépasse cette montée d'adrénaline qui me fait du bien. Un bien flou, vague, sans intérêt mais dominateur de tous mes membres qui continuent d'avancer, encore et toujours. Les escaliers grincent, craquent, je commence à être convaincue de ce que je fais. Mon bras tremblotant se tend vers la poignée de notre lourde et hideuse porte d'entrée que Madame Rougier aime tant, ma main crispée se détend lentement, docilement... bientôt, je pourrais courir, m'élancer vers Game Center. Comment ouvrirais-je la porte de la salle ? Je n'en ai pas la moindre idée, mais le moment viendra et alors je saurais. J'en suis persuadée. Dernier effort de discrétion pour éviter que quiconque se réveille...


"- JADE BRIGITTE HUGUETTE BELON ! QUE FAIS-TU DEBOUT A CETTE HEURE-CI ??? ÇA NE VA PAS BIEN PAUVRE FOLLE ?! J'AI CRU QUE C'ÉTAIT UN VOLEUR ! TU AS FAILLI ME FAIRE AVOIR UNE CRISE CARDIAQUE IMBECILE !!"


Aaaaaaah !!! Madame Rougier !!! Mon plan est complètement fichu ! Ma première réaction est l'anéantissement, ma seconde... euh... qu'est-ce qui est pire que l'anéantissement dites-moi ? Toutes mes sensations sont tombées au plus bas, je suis comme prisonnière de cette vieille dame toute ridée par la colère, elle ne me lâchera pas, j'en ai pour deux heures... au moins. Les yeux rougis par l'irritation et le visage illuminé par la joie de me disputer, elle reprend sadiquement :


"- TU FAIS LE MUR C'EST ÇA ??? ET POUR ALLER OÙ, HEIN ? NAÏVE ! N'AS-TU DONC RIEN DANS LE CRÂNE OU QUOI ?


- Coi."


Mais quelle naze ! Pourquoi j'ai répondu ça ?? Ça y est, depuis qu'Éléonore me raconte les blagues vaseuses de son frère, je les ressors à tout bout de champ ! Et même dans les pires situations... la preuve ! La rage se peint sur son visage déjà usé par le temps. Oui enfin... C'est moi qui le dit.


"- NON MAIS EN PLUS TU TE MOQUES DE MOI ! ON EST EN PLEIN RÊVE ! INGRATE ! JE DEVRAIS TE DONNER UNE GIFLE POUR TON INSOLENCE ! HEUREUSEMENT POUR TOI QUE MONSIEUR ROUGIER EST CONTRE TOUTE AGRESSIVITÉ ! TU SAIS CE QUE TU VAS RÉCOLTER MA PETITE ?!"


Oui ben c'est bon, je sais que je suis petite mais ce n'est pas la peine de me le rappeler. Bon alors, qu'est-ce que ça va être cette fois-ci ? Interdiction de sortie pendant une, deux ou trois semaines ? Privée de souper ?


"- C'EST TERMINÉ MAINTENANT ! PLUS DE COPAINS-COPINES ! DE SORTIES ! DE BOUTIQUES ! JE SURVEILLERAI CHAQUE FIN DE COURS POUR TE RÉCUPÉRER MOI-MÊME PUISQU'ON NE PEUT PAS TE FAIRE CONFIANCE !


- DÉCIDEMENT TU M'POURRIS SANS CESSE L'EXISTENCE !!!!"


Ouah ! C'est moi qui ait dit ça ? Quand on commence brutal, il faut terminer brutal ! Je cours en tapant des pieds dans les escaliers (ce dont a horreur Madame Rougier) et m'enfuis dans ma chambre dont je n'oublies pas de claquer la porte (ce dont a aussi horreur Madame Rougier) ! Elle ne va pas chercher à me rattraper, je la connais (et puis, déjà que son cœur n'est pas tout jeune elle ne va pas risquer d'avoir un infarctus en courant à toute vitesse !... Enfin, encore une fois, c'est moi qui dis ça). Elle n'est qu'un obstacle à mon plan que j'envisage d'ors et déjà de retenter... mais un obstacle quand même. Les prochains jours s'annoncent très rudes, les colères quotidiennes de Madame Rougier à mon égard vont redoubler de force, c'est certain. Et pourtant, je dois désobéir, il le faut, je vais me rendre à Game Center la nuit, pour être enfin seule avec le premier niveau tant désiré. Ce n'est pas compliqué, il faut que je trouve une solution au plus vite...



ELEONORE


Comme je l'avais prédit, j'ai perdu mon temps en feuilletant de vulgaires livres scolaires sans intérêt. Pourquoi aurais-je trouvé des réponses aux telles questions qui me trottent à l'esprit ? Bref. Aujourd'hui, détente, shopping avec ma mère je crois, de toute façon tout ce qu'elle veut du moment que ça me relaxe ! J'ai besoin de dégonfler toute ma matière grise. Heureusement, sortie entre filles, c'est donc déjà du pur bonheur et du repos ! Ma mère se gare près du centre des magasins de vêtements, bon ben va pour le shopping alors ! Arrêt. C'EST QUOI ÇA ?? Non ce n'est pas possible !! Il y a un magasin "Zouzouplouc" maintenant au centre-ville ? Quel nom repoussant ! Rien que le titre ne donne pas envie d'y mettre un pied ! J'imagine l'intérieur ! Je propose à ma mère d'y jeter un coup d'œil juste pour rigoler, elle me répond que de toute façon, elle voulait y aller (N.B : ma mère est incompréhensible quelques fois !). C'est à mourir de rire tellement c'est hideux ! Tous ces habits... mais d'où sortent-ils ? De la déchèterie ? Je ne dis pas que je suis à la pointe de la mode, loin de là, mais il faut avouer que c'est LAID, oui, très très LAID, ce magasin porte bien son nom on dirait ! HA HA ! Où est la caméra cachée ? Il doit y avoir une explication rationnelle à tout cela... voyons voir... mais oui ! Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ? Clarisse a dû participer à la création de ce taudis ! O-BLI-GÉ ! Quand je vais dire ça à Jade ! Sortons vite de cette poubelle pour ne pas nuire à ma réputation ! pfiou... Oh ! Mais qui vois-je ? Monsieur Rougier ! Que de surprises aujourd'hui ! C'est étonnant, il n'a pas l'air de nous avoir aperçues. Nous nous rapprochons ma mère et moi pour le saluer mais celui-ci demeure inlassablement inactif. Ses paupières inertes ne semblent plus battre, ses yeux paraissent figés à observer fixement le vide.


"- Bonjour !" lança ma mère n'ayant pas remarqué son comportement inhabituel.


D'une vive célérité, Monsieur Rougier, gêné, range subitement les lunettes de vue qu'il portait dans une des poches de son manteau, comme un voleur pris en flagrant délit ! Les yeux rougis et boursoufflés, il nous rend le salut timidement et s'éloigne à reculons prétextant qu'il est pressé. Il ne paraissait pourtant pas le moins du monde hâtif quand nous l'avons aperçu il y a quelques minutes ! A-t-il fait une quelconque bêtise ? Pourquoi a-t-il agit comme il l'a fait ? C'est la première fois qu'il ne nous tape pas la causette... Oh ! Je me pose trop de questions ! STOP ! Je suis là pour me reposer et je compte bien en profiter !



JADE


Quelle peste ! Mais quelle peste ! Je n'en peux plus ! Une heure de vaisselle alors qu'on a un lave-vaisselle et nettoyage des fringues à la main alors qu'on a un lave-linge ! C'est aberrant la stupidité de certains êtres vivants ! Je vis en plein cauchemar... Les seules fois où je peux sortir c'est lorsque j'ai cours, pas de sorties, de copains-copines comme elle dit et tout le tralala ! Je voudrais tout de même remercier Madame Rougier... pour ne pas me faire cours à domicile ! Ça serait l'horreur. Aujourd'hui, je ne compte pas me laisser prendre à son jeu, mon très cher professeur de mathématiques est malheureusement absent de seize à dix huit heures. Comme c'est dommage... hin hin... j'ai donc scrupuleusement élaboré un petit stratagème pour faire une petite escapade de deux heures. Madame Rougier pensant que je quitte à dix huit heures ne viendra pas me chercher avant ! Tout semble si parfait que j'éprouve une certaine fierté d'avoir conçu ce merveilleux plan ! Plus que deux minutes de français et je serais libre. Enfin ! Éléonore n'est au courant de rien, je n'en ressens pas le besoin de lui faire part de toutes ces petites mésaventures, de mes sentiments, de... de ce qui m'arrive. Si c'est pour entendre à chaque révélation des phrases CENSÉES être réconfortantes, du genre "Oui, mais tu sais, ce n'est pas si grave, essaie de ne plus y penser." et bien, non merci. Comment ne plus penser à de tels évènements ? Ok, certains penseront que tout est possible, que l'on peut oublier absolument tout... et bien non ! Ces pauvres femmes qui, à chaque rupture, ont le cœur bouleversé mais ne cessent de se répéter « Non, c'est fini entre nous, je l'ai oublié », mon œil... En ce qui me concerne, je n'arrive pas à m'enlever une pensée de la tête et à divulguer mes petits tracas, même à Eléonore. C'est pourtant bien simple, les mots demeurent cachés et ma gorge éteinte, comme une petite voix qui me rappellerait à l'ordre en me forçant à rester mystérieuse et ne rien révéler, à quiconque. Troubles obsessionnels compulsifs ? M'empêchant de parler en pensant que cela aurait des conséquences inévitables ? Probablement, et j'en souffre en silence alors que je pourrais faire cesser ce petit manège sur le champ, si je le souhaitais. Mais j'écoute cette voix qui m'est chère, j'écoute cette voix qui laisse tomber ses ordres, j'écoute cette voix assommante, je l'écoute, et lui obéis, malgré moi. Ça sonne. Le léger accent de la sonnerie à la fois doux et poignant me saisit brutalement, de violents frissons surgissent et une agréable sensation inconnue jusque là s'empare de mon corps. Il est l'heure d'agir, mes affaires étant déjà rangées, je me dirige en sursaut en dehors de la salle de torture de cette Établissement Cauchemardesque Ou L'on Expire (É.C.O.L.E pour ceux qui n'auraient pas compris... ha ha même dans une situation comme celle-là mon sens de l'humour reste intact ! Je devrais peut-être envisager une carrière de comédienne...) Oui bon, ce n'est pas tout ça mais il faut vraiment que je me dépêche, je n'ai pas une minute à perdre de pure folie. Ma respiration s'accentue et mon cœur bat de plus en plus vite, mes jambes s'étendent, ma vitesse cardiaque augmente, je vais réaliser un record au 100 mètres si je continues comme ça ! Madame Pribon, observez attentivement cette performance, ça devrait vous clouez le bec et vous faire regrettez toutes les fois où vous m'avez prise une moins-que-rien à la course de vitesse.


« - Jade ?? Mais qu'est-ce que tu fabriques ? Tu vas où comme ça ? »


Bon sang, je ne cours pas assez vite ou quoi ? Coi. Ha ha. Très drôle. Ouh la, je fais des monologues maintenant ! Vive rotation de ma colonne vertébrale pour apercevoir mon concurrent de derrière, attention, tenez-vous prêts... Éléonore, j'aurais dû m'en douter.


« - Éléonore ! Ça va ? Allez à demain, j'ai plein de choses à faire, bisous bisous ! » répliquai-je ardemment sans la moindre intention de répondre à son fichu interrogatoire qu'elle me lance chaque fois que mon comportement est... louche, comme elle dit. Bon c'est vrai que c'est rarissime que je m'élance à grandes enjambées et à toute vitesse à quatre heures de l'après-midi mais ça la dérange que j'aime le sport désormais ? Enfin, je l'aime quand il me rend service, auquel cas, comme aujourd'hui. L'obsessionnelle se met à courir elle aussi à cadences régulières jusqu'à atteindre mon niveau. Tout ce mal pour rien, c'est déprimant !


« - STOP ! Arrête-toi Jade ! Tu fais quoi là ? C'est quoi le souci ? Pourquoi tu pars à toute vitesse dès que ça sonne, on ne sait où et sans me dire au revoir ? Ton comportement est louche, très louche... »

Qu'est-ce que j'avais dit ! « Ton comportement est louche Jade... » et patati et patata. Oh, qu'elle me laisse tranquille, It's all I ask !


« - Est-ce louche de faire un footing pour se remettre en état et ôter de vilains bourrelets disgracieux ? répliquai-je d'un ton empli d'aigreur et de suffisance, et le corps en arrêt.


- Non, je n'ai jamais dit ça, mais à quatre heures de l'après-midi, un vendredi, qui, je te le rappelle, annonce le week-end, sans tenue de sport et avec ton sac scolaire sur le dos, ça c'est louche ! » a-t-elle ajouté les bras croisés.


Là, elle marque un point, quoi de plus singulier ?


« - Écoute, j'étais simplement pressé de rentrer pour me reposer, voilà tout, pourquoi tu vois le mal là où il n'y est pas ? répondis-je satisfaite.

- Hum hum... Jade, regarde autour de toi... où sommes-nous s'il te plaît ? Dans l'avenue de...

- … de Chiefter, lançais-je mécaniquement.

- Bien. Cette direction est à l'opposé du chemin qui mène chez toi, alors tu mens. Où comptes-tu aller ?" demanda-t-elle fermement.


Ah... léger problème de connexion... « Houston... Houston, vous m'entendez ? »... elle me pose une colle... je n'avais pas pensé à ce petit problème technique, et rien n'échappe à cette œil de lynx, malheureusement.


- Ah oui, tiens, je me suis trompée, merci beaucoup Éléonore, encore un peu j'allais faire un sacré détour ! Quelle tête en l'air je peux faire ! Merci ! criai-je en m'éloignant furtivement.

- Jade !! Écoute, tu peux tout me dire, les amies sont faites pour ça, non ? Pour affronter les problèmes à plusieurs... et en force ! Allez, crache le morceau.


Je n'ai pas le choix, il faut lui dire, une partie de ce qui me hante, mais le cœur n'y est pas, je vais lui raconter, mais pas tout, je vais omettre quelques détails, je ne vais pas tout lui dévoiler non plus, chacun a ses secrets et en ce qui me concerne, je compte bien les garder.


* * *


Éléonore n'a pas arrêté de me coller toute l'après-midi. Elle m'a laissée à dix-sept heures quarante. Je comptais aller à Game Center, non pour jouer, mais afin de trouver une solution pour me rendre dans la pièce la nuit. J'ai cette impression qui me hante, cette voix qui me dit que si je joues à Atlantidias Game le jour, les personnes aux alentours feront que je ne parviendrais pas à avancer dans le jeu. Car la nuit je serais seule, seule avec moi-même et le premier niveau et sereine jusqu'au bout de mes métatarses.

Ayant perdu la quasi-totalité des deux heures sur lesquelles je comptais pour exprimer ma liberté, je me précipite vers le lycée pour ne pas que Madame Rougier ait des soupçons de ma petite sortie (qui n'a rien de spectaculaire, soit dit en passant). La voiture est là, dix minutes à l'avance. Je contourne l'établissement, me faufile dans les buissons, passe inaperçue cachée par un groupe masculin de terminales... très mignons d'ailleurs... Hop ! Sautillant docilement sur le béton, je rentre par l'entrée de derrière et m'engouffre au rez-de-chaussée. Arpentant les murs avec précaution, je me poste telle une gardienne derrière l'entrée principale, prête à sortir au coup de sonnerie.


DRRRRRRRRRRRRRRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING ! ! ! ! ! ! ! ! !


Pas trop tôt. L'air de rien, je sors machinalement et me dirige vers la voiture, avec la tête d'une fille qui vient de faire deux heures de maths ? Je n'en suis pas si sûre, mais qu'importe, cette sale vipère ne trouvera rien à me reprocher tant que je rentre avec elle. Elle me balance un bref narquois « Mets ta ceinture. » et me réplique :


« - Je te dépose à la maison, tu surveilleras ton frère et... euh, non pardon, ton frère te surveillera, continua-t-elle en tournant la tête en ma direction et en me lançant un regard accusateur, et tu pèleras des carottes pour ce soir, c'est compris ?

- Ouais... », répondis-je dans une respiration forcée et insinuant : « Ça va ? T'as fini ? Non parce que tu ne te rends pas compte, mais tu m'pourris la vie ! »


Rah ! Plus que marre ! Claquant la porte d'entrée de toutes mes forces, après avoir vérifié que Madame Rougier ait démarré et soit partie, je balance mon sac énergiquement et violemment percutant à son atterrissage le meuble de télé. Mince ! Oh non ! Ça y est, je suis à l'article de la mort. Le vase offert par la sœur de Madame Rougier ! Les petits morceaux de verre jonchés à même le sol vont être la cause d'une désastreuse punition. Double sanction ? Ça fait mal... Vite ! Précipitamment, je me jette sur les pauvres malheureux éclats et tente de les recoller. Mais... que... ?? Qu'est-ce que les lunettes de vue de Monsieur Rougier font là, dans le vase ? Du moins, ce qu'il en reste. Catastrophe sur catastrophe. Quelle poisse ! Sont-elles cassées elles aussi ? Les branches semblent tordues... mais pourquoi met-il des lunettes dans un vase ? On est en plein rêve !! Je n'ai plus qu'une solution, les mettre sur mon nez pour analyser l'état des dégâts causés par ma colère. Espérons qu'elles tiennent... Ah !! Mais... qu'est-ce que... ? Mais... ? C'est... ? Non... ?! Aaaaah !!!!!


Pourquoi est-ce que je me vois ?????


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J'kaz !
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Jeudi 11 Mars 20109 commentaire(s)

Jade

Clarisse

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J'kaz !
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Samedi 06 Février 2010Poster un commentaire

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Samedi 06 Février 20103 commentaire(s)

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Samedi 06 Février 20104 commentaire(s)

CHAPITRE 4


JADE


Elle... Je n'aurais jamais cru... Qu'elle aurait cherché à me faire si mal... Pourquoi... Pourquoi ?... Avait-elle au moins réfléchi à son acte ? Je n'en saurais jamais rien...


Cela faisait un certain temps que l'on ne s'était plus adressé la parole... Les mots m'échappaient, s'éteignaient brutalement. Dès que je la voyais, je la repoussai, répugnante, horrifiée par tout ce qu'elle avait pu faire... Ainsi que l'autre... Oui, l'autre, celui dont j'avais été amoureuse !... Ce sale gamin capricieux, arrogant et laid ! Car ces traits étaient déformés par son attitude instable, désobligeante et dédaigneuse ! Je les détestais ! Elle... Et lui... Eux deux !


A l'époque, une seule envie me pourchassait : de les voir mourir... Oui, mourir... Si la confiance d'une adolescente est détruite par des trahisons, des mensonges et des promesses non tenues, alors sa colère se fait ressentir par de puissantes envies meurtrières envers les personnes infidèles...


Mais ce que j'ignorai, c'est que plus tard, j'aurai regretté ces paroles...


***


Mathématiques, Sciences Physiques, Français... Décidément, que des matières que j'aime ! J'en ai tellement marre ! La fatigue me saisit chaque jour plus violemment, les journées sont infiniment longues et... bouleversantes. Tournant délicatement la tête vers la droite, je remarque l'intense regard que me porte Eléonore sagement. Mais qu'est-ce qu'elle me veut encore ? Elle m'énerve ! Tiens, elle parle à son voisin... Obéissant et routinier, celui-ci me passe un mot et me dit : "De la part d'Éléonore". Oui, bon, ça j'ai compris, merci ! A-t-elle enfin trouvé le moment propice pour me déclarer sa flamme ? Ha ha... humour ravageur, Jade fidèle au rendez-vous !


C'est une petite lettre, légèrement gribouillée. Je fais en sorte de faire preuve de la plus grande discrétion possible pour que madame Ville ne remarque rien, et que Wladimir ne jette pas ses yeux globuleux sur ce qui ne le regarde pas. Voici donc le fameux contenu de cet étrange récit :


"Jade, écoute-moi pour une fois s'il te plaît. Je n'ai pas pu te donner cette lettre avant, je l'ai écrite hier soir. J'étais... comment dire ? Anxieuse ?... Non, pas inquiète non plus... Enfin... Lis ce qu'il suit, et ne te moque pas de moi. J'ai décidé de te parler franchement (ah ouais ? une lettre ? C'est très franc dis-moi !) et je me rends compte de beaucoup de choses...


Je croyais qu'après cette dispute au parc, tu me serais revenue, sereine, or, s'en est tout le contraire. Parle-moi ! Pourquoi je n'ai plus le droit à tes sourires ? Tu les donnes à Wladimir, hein ? Mais qu'est-ce qui se passe donc dans ta tête ? J'aimerais savoir ! Je suis ton amie, non ? (Hmmm... Bonne question...). Tu as toujours été à l'écoute, sympathique et... pourquoi ne m'écouterais-tu pas quand je te dis que ce jeu "Atlantidias Game", n'est pas bon pour toi ? Je... Je le sens ! Est-ce que tu me crois quand je te dis ça ? Je suis sûre que je ne me trompes pas, et tu peux me croire. Il est vrai que ce jeu est criant de réalisme, fascinant... Mais c'est un monde mauvais ! Il t'emporte complètement, et... je voulais te parler... au sujet de ton amie... Tu te souviens ? Tu ne m'en as plus parlé depuis longtemps... Aurait-elle vraiment... disparu ? Fugué ? J'ai besoin de savoir pour te comprendre, Jade. Et ça, tu ne peux pas le contredire.


J'espère que ça ira mieux entre nous très bientôt. Je t'aime beaucoup Jade, tu étais ma seule meilleure amie jusque-là... S'il te plaît, reviens me parler."


Hmmm... Un brin de sentimentalité pour que je succombe ou bien ?... Pff...


Mais, d'un côté, c'est vrai que ce monde est étrange... Je ressens le besoin énorme de me confier à Éléonore... Mais mon côté indépendant l'emporte très souvent. Trop souvent. Et cette bague... L'avait-elle remarquée ?


Dans un rayon de lumière, je fais briller celle-ci... Tiens donc ! Elle est couleur cuivre maintenant !... Wahou... Oui, c'est peut-être à cause de la lumière !... Non, ce n'est pas possible...


Je tourne ma tête et, devinez quoi... Wladimir m'observe. Fronçant les sourcils, je lui lance :


"- Quoi ?

- Fais voir ta bague...

- Nan.

- Allez, passe ! s'impatienta-t-il en approchant sa main de la mienne.

- Ne me touche pas !"


J'ai crié. Je suis persuadée d'avoir crié. Je regarde les autres élèves... Non, seuls mes voisins de devant me dévisagent avec curiosité. Si Wladimir me touche, ou même, s'il me frôle, je lui défonce la tête !


"- Qu'est-ce que tu as ? Tu as peur ? me dit-il, sarcastique.

- Non.

- Alors... C'est quoi cette réaction fort bizarre ?

- Laisse-moi tranquille !

- Je serai aussi têtu que toi. Allez quoi ! Passe-moi ta bague, je veux simplement vérifier quelque chose.

- Qu'est-ce que tu veux vérifier ?

- Enlève-là si tu ne veux pas que je te touche !

- Je ne vois pas où tu veux en venir..."


Tout en disant ces paroles, je commence à retirer délicatement la bague, d'abord lentement, puis, comme elle reste au même emplacement, je tire un peu plus, mais rien n'y fait. Je sens de plus en plus le sourire ironique de Wladimir me traverser le cerveau.


"- Alors, ça vient ?

- Hé, Mir Vaisselle, j'fais ce que je peux pour toi alors ferme-là !

- Promis, je ne te touche pas."


Franchement, je suis méfiante. Si vous saviez tout ce dont il est capable de faire, vous auriez la même réaction que moi.

Il me regarde, de ses yeux moqueurs :


"- Qu'est-ce que les filles sont compliquées...

- Et pourquoi tu dis ça ? demandai-je, énervée.

- Je ne vais pas te manger...

- Ça, je n'en sais rien... répondis-je du tac au tac.

- Hmm... Arrête, et passe-moi ce fichu anneau.

- T'as bien vu que je n'arrivais pas à l'enlever, non ?!

- Ah oui c'est vrai... Bon...

- T'as dit que tu ne me toucherais pas !

- Ben dépêche toi, alors !

- Voilà, voilà... Et tu pourrais dire "s'il te plaît", non ? Ou ça te tuerait ?

- S'IL TE PLAÎT !

- Crie pas, imbécile !

- Tu ne manques pas de politesse non plus... Bon, fais voir ça... Pour tout te dire, ce matériau m'intrigue étrangement... Je peux faire une photo ?

- Fais comme tu le sens," soupirai-je avec agacement.


Il prend vite son portable, et photographie comme il peut (pour avoir une image plus nette). Tout d'un coup, la sonnerie annonce la fin des cours. Ouf, enfin libérée de ce... Ah, beurk !!! Encore dégoûtée par son attitude, je frotte mes mains sur mon manteau (comme si je veux enlever les "bactéries" que Wladimir aurait posé sur ma main - drôle d'idée), espérons que Madame Rougier ait acheté du désinfectant. Je sens soudain une présence étouffante planer autour de ma table... Je me retourne, et ô miracle, qui voilà ! Notre chère Éléonore...


"- Tu l'as lu ma... lettre ?

- Oui, bien sûr...

- Et...

- Et... Bon, tu sais quoi ? Je m'excuse comme tu le veux, voilà voilà, désolée pardon, enfin bref, tout ce qu'exige la politesse. C'est bon tu es contente ?

- Non, me répondit-elle froidement - et c'est bien la première fois. Ce que je souhaite, c'est de savoir ce que tu penses sincèrement."


Là, je suis coincée. Je lui propose donc de rentrer ensemble (ça faisait longtemps !...) et de discuter un peu. Moi aussi, je veux comprendre. Vous ne comprenez pas mon attitude ? C'est pourtant bien simple : je suis une fille gentille au fond. Au fond, penserez-vous. Je ne suis pas si "gamine" que ça. Non non, je peux être aussi très très mature ! Voyez-vous, je n'aime pas me disputer. Seulement, quand quelqu'un vous énerve, vous n'allez pas faire "semblant" que tout va bien, non ? Et je ne supporte pas être soumise à quelqu'un, ni à quelque chose ! J'avais le droit de connaître le jeu d'Atlantidias Game, non ? Et bien, Eléonore m'en empêchait ! Je ne vois strictement pas pourquoi, d'ailleurs...


"- Et... À mon tour je veux savoir, pourquoi tu m'interdisais autant de ne pas aller voir ce jeu ? Qu'est-ce qu'il avait ? Tu pouvais me laisser libre de mes actes, non ? Et toi, qu'est-ce que tu faisais à Game Center l'autre jour, hein ?

- Si tu pouvais me poser une seule question à la fois... En tout cas, je te l'ai déjà dit. Tu me prendras pour une folle, mais ce jeu, oui "Atlantidias Game"... je ne le sens pas. C'est comme ça. Est-ce que tu n'as pas eu une impression opprimante, un étouffement inexplicable quand tu es "entrée dedans" ?... Une sensation... d'emprisonnement dirai-je ? De monde à part ?... Je suis allée à Game Center, pour confirmer mes craintes, voilà tout. Et je pense toujours que j'ai raison de me méfier de ce jeu."


Notre causette se poursuit et les réflexions me font tressaillir. Effectivement, j'avais eu une sensation quelque peu suffocante, mais à la fois tellement agréable... c'est un paradoxe me diriez-vous mais ce fut pourtant mon ressenti de l'instant présent. L'air ne semblait pas naturel, comme celui des bouteilles d'oxygène que l'on utilise lors de plongées ! Aurait-elle raison ? Mais non, c'est stupide !


"- Mouais, j'suis pas tellement convaincue... C'est vrai, on a une impression bizarre... Mais il faut s'y faire c'est tout.

- N'empêche que toi aussi, tu trouves cela étrange. Cependant, tu as un caractère trop fier pour pouvoir l'avouer."


N'importe quoi ! Qu'est-ce qu'elle peut raconter comme sottise ! Hé... Mais pourquoi s'arrête-t-elle en fixant ma main comme ça ?


"- Ta... Tu as une bague maintenant ?

- Oui, Wladimir et moi voulons nous marier, lançai-je sans conviction.

- Sans blague, me répondit-elle du genre "arrête-de-te-fiche-de-moi".

- Tu ne me crois pas ?

- Bien sûr que non. Malgré le fait que vous soyez toujours collés l'un à l'autre !

- Ah, ne me dit pas ça, maugréai-je, agacée. Je le hais ce type.

- Je commence à me poser des questions... Et dis, pourquoi tu as cette... superbe bague ?

- Monsieur Rougier me l'a offerte. Elle est spéciale, n'est-ce pas ?

- Totalement. Fais attention à toi..."


Je ne peux m'empêcher de rire... C'est bon, une bague ne va pas me tuer, quand même !


"- Arrête de te tracasser pour rien !

- Mais...

- Y a pas de mais ! Et en plus, on est devant chez toi... Allez, on oublie les passages désobligeants qui ont causé notre engueulade et...

- Et ?...

- ... On se revoit demain ? continuai-je, comme si de rien n'était.

- Hmmm..." lança Eléonore, pensive, avant de fermer la porte de son immeuble.


ELEONORE


"- Grégoire, arrête de me coller !

- Allez, avoue !

- Tu es bête ou quoi ?

- Coi.

- Hein ?

- Tu me demandes si je suis stupide ou coi. Je te réponds : coi."


Comprenant la blague vaseuse que mon frère venait de me faire, je lui balance :


"- Plus tu te comporteras comme un abruti, plus je vais te détester petit frère !

- Mais pourquoi ne veux-tu pas simplement me dire : Oui, je l'aime !

- Tout simplement parce que je ne l'aime pas ! Ce n'est pas si difficile à comprendre !

- Nonore, que se passe-t-il ? demanda ma mère.

- Ah, Maman ! Je t'en supplie, donne des fessées à Grégoire, punie-le de télé, ordi, enfin bref, tout ce que tu veux !

- Quelle en est la raison ? dit-elle d'une voix enjouée.

- Il m'énerve... Il n'arrête pas de me tanner depuis tout à l'heure pour que je dise haut et fort que j'aime un garçon de ma classe, ce qui est complètement absurde.

- Bien, je comprends mieux... Grégoire, suffit, tu vas faire ton travail dans ta chambre, et il est HORS DE QUESTION que tu bouges, compris ? Jusqu'à ce qu'on t'appelle à table !"


Malgré lui, il traîne des pieds, prend son sac, et monte les escaliers avec lassitude.


"- Alors ma petite Nonore, qu'est-ce qui ne va pas ?"


Les mères ont le don de tout sentir. L'instinct maternel, disent-elles. Je ne sais pas comment elles font. Comme je n'ai pas envie d'en parler, je réponds vaguement pour remettre la conversation en ma faveur :


"- Oh, rien... Il faut que je me repose. La semaine d'examen a été dure, mentis-je.

- Tu as eu des examens ?

- Un. Celui de Français.

- Et bien... Le mieux est, comme tu l'as dit toi-même, de te reposer. Demain, tu iras rejoindre Jade au parc ou c'est vraiment fini entre vous ?

- Bof, on vient de se réconcilier.

- Comment ça, "bof" ?

- J'ai l'impression qu'elle a pris ça à la légère. Plus pour se soulager et pour arrêter de rester avec Wladimir. En gros, je suis son bouche-trou !

- Ne dis pas ça..."


Ma mère me regarde toujours droit dans les yeux quand elle veut me dire quelque chose d'important. Je la laisse parler.


"- Si elle est venue s'excuser à son tour, c'est qu'elle avait une raison. Écoute ton cœur. Jade, bien qu'elle n'ait pas un caractère facile, ne te prendra jamais pour son bouche-trou. Comprends-là ; Madame Rougier lui mène la vie dure ! Répliquer et montrer sa mauvaise foi fait partie de sa personnalité."


Je reste silencieuse. A-t-elle raison ? Je ne sais pas. C'est tout de même moi qui la voie la plus souvent ! Fatiguée et démoralisée, je pars dans ma chambre d'un pas mollasson. J'ai la sensation qu'un malheur va arriver. Ah ! Quelle anxieuse je peux faire !

La réaction de Jade m'a déconcertée. Je suis complètement perdue. Et puis ce jeu qui m'intrigue toujours autant... Je ne comprendrais jamais les gens... Suis-je comme tout le monde, au moins ? Des questions vraiment débiles peuvent nuire à la santé, j'en suis consciente... C'est exactement mon cas.


Je m'assois sur ma chaise, et sonde mes livres en quête d'un petit indice... En réalité, je ne sais pas ce que je cherche. Je pense perdre mon temps, mais tant pis. Je me lance et là, je ne peux plus m'arrêter : des informations défilent à une allure folle alors que je feuillète mon livre d'SVT.


***


JADE


Arrivée chez moi, je me jette sur le canapé. Ouah ! Quel soulagement ! J'ai complètement détourné la situation ! Enfin, Éléonore a mis du sien, je reconnais...


"- JADE ! cria soudain Madame Rougier d'un ton sec. Tu n'es pas chez les Zoulous ici ! Tiens-toi comme il faut ! Et dire que tu es censée donner le bon exemple !... Vraiment, je suis exaspérée de ton cas.

- Je suis ravie de le savoir, madame, répondis-je calmement alors qu'elle allait encore me postillonner à la figure des phrases désobligeantes et sans intérêt.

- File dans ta chambre travailler plutôt que de te vautrer dans le canapé pour regarder des séries stupides !"


"C'est vous qui êtes stupide." Voilà ce que j'aurai dû répliquer. Mais bon, je me retiens, et docilement, je prends mon sac et ferme la porte de ma chambre en prenant bien soin de la faire claquer.


Christophe entre doucement, et s'installe sur mon lit en silence. Exténuée par cette journée, je cours à la salle de bain me jeter de l'eau sur la figure. Ah oui, ma bague ! J'allais l'oublier ! Mettant ma main sous l'eau, j'essaie de l'enlever, mais celle-ci reste clouée à mon annulaire. Du savon, voilà la solution magique ! Elle ne part toujours pas ! Grrr !


Après cinq minutes de dur labeur, toujours rien. Je reviens donc bredouille dans ma chambre, et m'affale sur le lit. Christophe est là, et me regarde sagement. Je lui demande :


"- Qu'est-ce que tu fais là ?

- J'ai entendu les cris de maman.

- Ah, oui...

- Elle ne te supporte vraiment pas ?

- J'en sais rien... A vrai dire, c'est sûr, je ne suis pas de votre famille... Mais ce n'est pas une raison pour..."


Mes yeux me piquent. Raaah, je ne vais pas pleurer quand même ! C'est absurde !


"- Tu pleures ?

- Nan, le coupai-je.

- Alors quoi ?

- Rien, laisse-moi tranquille.

- Ok... Repose-toi bien grande sœur !" s'exclama-t-il tout en me faisant un bisou bien baveux sur mon front.


Je sens que la fièvre monte, je ne sais pas pourquoi. L'état psychique atteint le physique, c'est bien connu. Mal à l'aise, je m'enfouis donc dans les couvertures... le sommeil se fait ressentir, mes paupières se ferment et se rouvrent par à coups jusqu'à fermeture totale. Je m'endors docilement et exténuée, sans me rendre compte que ma bague avait encore changé de couleur.

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Samedi 06 Février 20105 commentaire(s)