• CHAPITRE 2


    JADE


    Ses cheveux noirs de jais portés par le léger souffle du vent, sa posture droite et distinguée et sa beauté naturelle formaient un tout empli de délicatesse et de douceur.


    "- Jade ! s'écria-t-elle en me tapant du coude et en m'adressant un clin d'œil. Regarde qui est devant toi !"


    Je rougis. Il me paraissait si mignon. Ce garçon sûr de lui, je le considérais comme mon "amoureux"... Un amour d'enfant... à sens unique ? Si j'avais su !... Il n'était pas plus grand que moi : de splendides yeux bleus rieurs à travers lesquels je frissonnais et laissais valser mon esprit, des cheveux blonds fins rassemblés sur le côté, un sourire charmeur... que demander de plus ?


    Passant à côté de moi, me frôlant sensiblement, je contenais un soupçon de bonheur. Avec un petit signe de tête il m'adressa un amical "Salut !" -ainsi qu'à ma meilleure amie.


    Il s'éloigna progressivement laissant mon amie me souffler dans un murmure :

    "- Il est si gentil ! Tu l'aimes vraiment ? C'est vraiment ton amoureux ?

    - Je... Je ne sais pas, bredouillai-je.

    - Tu crois que vous pouvez être ensemble ?... Enfin, comme les grands !

    - Je ne pense pas, non, répondis-je, mal à l'aise. Et toi, tu es amoureuse de quelqu'un ?

    - Mais, bien sûr que non ! Tu serais au courant puisque tu es ma meilleure amie. Aucun garçon ne me plaît, et tu le sais bien."


    MENTEUSE.


    ***


    Comment qualifier le français ? Ennui mortel ? Matière pourrie ? Non mais honnêtement on nous parle en chinois ou quoi ? Registre didactique, antithèse... Et puis, dissertations !... N'en parlons pas ! Non, je plaisante bien sûr, j'adore ça moi, les dissertations...(rires)


    Près de moi, Wladimir. Rah il m'énerve. Tout est bien noté sur son cahier : aucune rature, une écriture soignée dont les lettres ne dépassent pas les interlignes, les paragraphes bien démarqués...


    Étrangement, son regard singulier se porte sur mon visage et m'espionne discrètement, sans que je sache la signification exacte de ce geste que je qualifie de mépris. Pourquoi ai-je eu "la chance" d'être placée à côté de lui ? Demandez-ça à la prof principale, elle vous le dira avec joie (en réalité, je n'en sais rien).


    Depuis une semaine maintenant, je n'adresse que de simples "bonjour" à Éléonore. Toute cette embrouille pour un jeu vidéo, m'a vraiment énervée. Pourquoi n'ai-je pas le droit de savoir à quoi ressemble cette futilité ? Oui, je n'ai jamais aimé les jeux vidéos. Je considère que c'est une perte de temps. Mais... Atlantidias Game m'impressionne, m'attire... Je ne sais pas pourquoi. Curieusement, ce nom... "Atlantidias"... me dit quelque chose.

    Et Clarisse... Toujours là pour débarquer au mauvais moment !


    Même si je hais Wladimir, j'aurai voulu pour la première fois de ma vie, l'écouter au moins cinq minutes. Je ne dis pas que ce qu'il raconte est passionnant. Mais là, l'envie de savoir était plus forte que moi. Pour quelle raison Éléonore avait-elle décidée de m'empêcher de ne rien connaître ? Elle veut m'acheter Atlantidias Game en cadeau d'anniversaire ou quoi ?


    Hmm... Impossible. Mon anniversaire est passé depuis deux mois déjà. Pour Noël, alors ? Impensable. Elle m'en aurait parlé.


    Tout se bouscule dans ma tête...


    Tu me manques tellement... Où es-tu ? Si tu savais comme je regrette ce que j'ai pu te dire... Toi seule aurais pu m'aider !... Je t'en supplie... Reviens !


    Non... Pas ça ! Je sens tout à coup mon cerveau comme s'il est compressé, et en ressort les souvenirs les plus pénibles... Mes yeux me piquent et commencent à s'embuer petit à petit. Mince ! Je me mets à renifler. Cachée derrière mes cheveux châtain, personne ne me voit... Mais l'on peut toujours m'entendre. Je devine la présence de Wladimir proche. Trop proche.


    "- Ça ne va pas ? me chuchota-t-il.

    - Si ! répondis-je brusquement. Pourquoi ça n'irait pas ?! Fous-moi la paix !"

    - Mademoiselle Belon et Monsieur Montrand ! Bien que vous prétendez être doté de qualités supérieures à la moyenne en matière théâtrale, vu que vous n'écoutez en rien à ma leçon sur l'improvisation que je m'efforce de vous apprendre depuis maintenant vingt bonnes minutes, j'aimerais tout de même que vous montriez vos performances d'acteur à l'ensemble de la classe dans la minute qui suit !"


    Je pense qu'elle ne nous a pas trop laissé le choix. Ayant habituellement du répondant, cette fois-ci je préfère me taire car mon instinct me dicte que cette petite mise en scène voulue par ma professeur est un excellent moyen de me défouler activement contre cet imbécile de Wladimir. En parfaite synchronisation, nous nous levons tous deux et nous dirigeons vers la scène sous le "feu des projecteurs". Bon, j'avoue que je m'y crois un peu trop.


    "- Bien, commença Madame Vile, le thème sur lequel vous allez jouer sera... LES ERREURS DE LA VIE, dit-elle après avoir pioché un petit morceau de papier dans une corbeille située sur son bureau. Vous commencez dès à présent sans vous concerter. Attention, vous êtes prêts ? Action !"


    "- D'où reviens-tu ? Tu es allé la voir c'est ça ? commençai-je l'imagination débordante d'idées.

    - Euh, oui... répondit-il, brouillé.

    - Tu lui as fait la même chose à elle aussi ? Hein ? Réponds honnêtement misérable !

    - La même chose ??! Hum... c'est-à-dire ? demanda-t-il en levant un sourcil.

    - Ne joue pas les innocents..." lui lançai-je d'un véritable regard accusateur.


    Tout à coup une lueur jaillit dans ses yeux : il vient de comprendre le fond de mes pensées...


    "- Si tu m'en veux encore pour ce qui est du passé, tu peux toujours courir, je ne regrette rien..."


    Je ne regrette rien. Mais quel abruti il peut faire ! Acerbe, je rétorque :


    "- On ne t'a jamais demandé de regretter tes erreurs, mais de les reconnaître. Tu n'es qu'un pauvre égoïste ! Le passé demeure le passé. Cependant tu restes le roi des imbéciles en pensant toujours la même chose. Et sois heureux : je ne pèse pas bien mes mots en disant que tu n'es que le roi des imbéciles.

    - Et toi, répondit-il, comment te trouves-tu ? Bien, j'espère, pour avoir lâchement abandonné...

    - Tais-toi ! sifflai-je. Tu as montré ta faiblesse et ta fausseté le premier !

    - Sache que ça ne sert à rien de me détester pour ça.

    - Pour ça ?... Pour ça ?... Tu rigoles ! m'écriai-je. Tu..."


    "- Mademoiselle Belon ! Cela suffira pour aujourd'hui, répondit-elle. Bravo pour cette représentation très réaliste et faisant preuve de dynamisme époustouflant ! Bravo également à votre charmant acolyte qui semblait vraiment tomber des nues face à vos délibérations !"


    Charmant ?! J'ai envie de vomir. Merci bien, si quelqu'un connaît la définition du mot "charmant", qu'il la crie haut et fort pour remettre les idées en place de cette Madame Vile.

    Lui et moi, Wladimir et Jade, Mir contre Sun, nous en restons là, notre antipathie se faisant sentir par nos moindres coups d'œil aussi détestables qu'ils puissent être après cette mise en scène des plus révoltantes, insultantes, et implicites.


    ***


    Brrr... Il fait de plus en plus froid ! Quel mois déjà ? Ah oui, novembre. Tiens, c'est bientôt Noël. J'ai vraiment cette fête en horreur. Je la maudis. A part faire plaisir aux gamins, en quoi est-elle utile ? Fête matérialiste pour ma part et où l'on ne s'offre que des présents sans valeur sentimentale. Mon âme ne souhaite pas ce genre de bienfait. Je préfèrerais une réelle amitié. Celle qu'on dit "incassable". Avec Éléonore, les hauts et les bas se font fréquemment ressentir et je ne sais plus où donner de la tête.


    Ah, rue de la Convention ! Bientôt arrivée. Ouf. Je commence à geler malgré ma petite marche dynamique. Tiens... mon portable vibre... Qui cela peut-il bien être ? Hmm... Deux messages. J'en ai loupé un.


    Le plus récent : "Cc c Clarisse sa boum enfète jvoulé te demandé si tu pouvé maidé en anglai pr lexo 2 pr ke jen sois débaraC le we paske sa me soule allé ciao!"


    Non mais elle prend ses rêves pour de la réalité !... Pour Clarisse, "aider" signifie "donner les réponses". Elle ne réfléchit à rien. Je comprends que ça l'énerve de le travailler le week-end mais nous sommes tous dans le même cas à ce que je sache, donc j'estime que l'on doit fournir les mêmes efforts !


    "Jade, arrête de faire la gueule, c'est vraiment pas marrant. Si je te dis qu'Atlantidias Game, c'est de la nullité, tu peux me croire. Quand j'ai vu mon frère y jouer, j'étais dégoûtée. Alors, s'il te plaît, pour une fois, fais-moi confiance, O.K ? Rappelle-moi !!! Bisous !"


    Pff, Éléonore... Et pourquoi ce serait à moi de t'appeler ? User mon crédit pour des broutilles ? Non merci ! Je pense ce que je veux, bon sang ! L'envie d'en connaître davantage sur ce fameux jeu me fit accélérer le pas.


    Flûte ! J'ai pas mes clés... Dernière solution : l'interphone. Pourvu que quelqu'un réponde...


    "- C'est qui ?!

    - Devine, abruti.

    - Ok, j't'ouvre."


    On pourrait penser comme ça, que je suis une fille méchante. J'emploie des surnoms péjoratifs en tant que termes affectueux... Bizarre, mais c'est ce que je fais, et je ne compte pas changer.


    Celui qui m'a parlé tout à l'heure ?... Bah, c'est un rien compliqué... En fait, j'ai perdu ma famille dans un accident de voiture. Ma seule tante encore vivante - que je n'ai jamais vue, soit dit-en passant - me paye le loyer, la nourriture... mais j'habite chez Monsieur et Madame Rougier. Effectivement, c'est comme ma réelle famille, même si j'ai beaucoup de mal avec Madame Rougier. Leur fils aîné, Christophe, (celui qui m'a répondu à l'interphone) a treize ans. Il est en quatrième, et je l'adore. Il est comme un petit frère ; marrant, mignon, sympa, intelligent... et puis mâture ! Ça, c'est bien ! Quand je vois les garçons de ma classe, je peux m'estimer chanceuse que Christophe ne soit pas aussi crétin.


    En ouvrant la porte, je lui ébouriffe les cheveux - ça m'éclate toujours autant - et lui ne s'en plaint jamais. Pressée, je lui demande :


    "- Chris, tu connais le jeu Atlantidias Game ?"


    Je crus au début qu'il me prit pour une grosse débile. Levant un sourcil, il me répond :


    "- Bien sûr que oui !"


    Ignorant sur le ton à moitié méprisant avec lequel il m'a parlé, je lui pose encore une question :


    "- Et quelles informations tu pourrais me donner ?

    - Hmm... fit-il pour donner l'impression qu'il réfléchissait. Viens, on va consulter sur internet."


    Il est pas bête ce gosse. Pendant toute la semaine, je n'y avais même pas pensé. Trop occupée à penser à... plein d'autres choses. Et puis, le travail, en plus...


    "- Tiens, Jade, lis cet article !

    - T'es sur Wikipédia ?!!

    - Comme tu le vois, oui...

    - Créateur : Kinomo... C'est un japonais qui a conçu ça, non ?

    - Oui, mais tu as vu son prénom ? Chung, c'est plus du chinois je pense...

    - Ah ouais ? J'en sais rien, j'y connais rien...

    - Au fait, Jade, commença-t-il, pourquoi tu t'intéresses aux jeux vidéos maintenant ? Je croyais que tu détestais ça, et qu'avec Éléonore, vous étiez le duo des anti-jeux vidéos...

    - ...

    - Tu peux me répondre, je vais pas te manger.

    - J'ai pas dit le contraire, répliquai-je. Et, regarde ! m'écriai-je pour changer de sujet. Pourquoi ne décrivent-t-ils pas le contenu du jeu ?

    - Je suppose que s'ils décrivent tout ce qu'il y a dans les différents niveaux, ça donne moins de surprise, moins de suspense, et plus d'accès au dernier niveau... Donc moins de business. Si les jeux sont trop faciles, il n'y a plus aucun intérêt. Mais j'ai entendu dire qu'Atlantidias Game était très complexe. Tu veux qu'on l'essaie dans une salle de jeux ?

    - Pourquoi pas ? répondis-je, immédiatement.

    - Tout de suite ?! dit-il, interloqué.

    - Ben...

    - Bon, tu sais quoi, je finis mon boulot, j'en ai pour deux minutes, et après on y va.

    - Pas de problème !"


    J'étais aux anges. Avide de connaître, de découvrir. ENFIN.


    ***


    ÉLEONORE


    Pourquoi ne me répond-t-elle pas ? Ce n'est pas normal ! Quelle tête de mule ! Je m'assieds lourdement sur mon lit, en soupirant. A quoi pense-t-elle ? Quelquefois, j'aimerais bien savoir, ça m'aiderait.


    Bon, où est mon livre de mathématiques ? Ah oui, dans mon sac... Bof, j'ai la flemme de bouger... Qu'y a-t-il à la télé ?... Hmm... Non, des films absurdes...


    "- NONOOOORE ! cria mon frère en rentrant précipitamment dans ma chambre.

    - Héé, m'exclamai-je, légèrement surprise. Tu pourrais toquer !

    - 'Scuse-moi ! dit-il tout en sautillant autour de mon lit.

    - Oui, bon, va droit au but...

    - J'ai réussi !! Tu sais le pont, là ? Ben je l'ai traversé, et...

    - Mais de quoi tu parles ?! rétorquai-je.

    - D'Atlantidias Game, pardi ! s'impatienta-t-il.

    - Je m'en fiche, COM-PLE-TE-MENT, Grégoire !

    - Ah bon ?... Mais viens voir, au moins !

    - Non merci, je ne veux pas ressembler à un mouton sans cervelle !

    - Tu es sûre que tu ne veux pas en savoir plus sur ce jeu ?... demanda-t-il sur un ton plein de suspense.

    - ...Qu'est-ce que tu as derrière la tête ?... demandai-je, soucieuse.

    - Viens dans une salle de jeux avec moi, et là tu vas adorer.

    - Ah non ! m'écriai-je. Hors de question !

    - Mais siiiiii ! hurla-t-il, tout content. Et si tu n'aimes pas, tu t'en vas... D'accord ?

    - Bon, si tu y tiens tant..." grommelai-je.


    A contre-cœur, je me laisse entraîner par mon frère, qui, lui, est doublement enthousiaste. Oh, et puis on va sortir dans le froid... J'aime pas çaaaaaa... Allez, je vais faire un effort pour mon petit frérot ! Heureusement pour moi, la dite salle de jeux que je ne connaissais pas se situe près de mon immeuble.


    "- Hé, salut Quentin !"


    Je vois mon frère donner une poignée de mains à un garçon de ma classe... Comment se connaissent-ils ?


    "- Ah, salut Éléonore ! me dit-il. Mais, euh... vous... vous vous connaissez ?

    - Hmm, oui, c'est mon frère, répondis-je d'un ton neutre.

    - Et bien, on en apprend tous les jours ! Quentin, tu aurais pu me le dire !..."


    Curieusement, j'attends de savoir ce que ces deux-là vont se raconter...


    "- ... Alors, t'as réussi à aller jusqu'au niveau combien ?

    - Trois ! fit mon frère en mettant sa main sur le cœur, tout fier. Et toi ?

    - Quatre. Je n'ai jamais vu un jeu aussi compliqué et sophistiqué."


    Bon. J'en déduis donc qu'ils parlent d'Atlantidias Game. Blasée, mais tout de même convaincante grâce à mon sourire quotidien ravageur (rires) je les suis d'un pas mollasson, préoccupée une fois de plus par mes petits soucis personnels... la matière grise en pleine action, je cogite sur LA véritable question de la journée qui ne cesse de me hanter le cerveau depuis déjà un bon bout de temps : Pourquoi Jade ne m'adresse-t-elle plus la parole comme avant ?


    En entrant dans la salle, un certain malaise me prend. Grégoire se retourne et me dit :


    "- Tu peux toujours faire demi-tour, frangine."


    Tout bien réfléchi... Non, je veux vaincre mon embarras. J'adresse un pauvre sourire à Quentin - qui s'aperçoit bien que rester ici ne m'enchante pas.


    Au premier abord, la salle paraît immense ; des dizaines de machines alignées à perte de vue, un magnifique bar en bois de chêne couleur acajou suivi de royaux et somptueux escaliers en ébène ornés d'une inscription : Welcome to Game Center ! Très spécial. L'ambiance est si étrange !... Mais, en même temps, je n'ai jamais mis les pieds dans un tel endroit. Je suis les garçons, qui, eux, discutent encore de leur "passion". Ça y est, je vois comment ils se connaissent maintenant.


    Oh oh... La chance est avec moi... Qui voilà ?...:


    "- Jade !"


    Celle-ci se retourne, surprise, et me regarde, avec un air sévère :


    "- Qu'est-ce que tu fiches ici ?!

    - Et bien, répondis-je, comme toi je suppose !"


    Ses yeux... Pourquoi me scrute-t-elle si méchamment ? Je ne comprends pas ! Qu'est-ce que je lui ai fait, exactement ? Et puis c'est incompréhensible, elle déteste les jeux vidéos ! Enfin... Moi aussi...


    "- Bon, soupirai-je, tu peux me parler normalement ?"


    Elle hésite j'ai l'impression... Oh, ce n'est plus une enfant quand même !!


    "- Pourquoi, je te parle bizarrement ?

    - Ben... Ouais. Bon, si tu me disais franchement ce que tu fais là ?

    - Qu'est-ce que tu crois ? s'énerva-t-elle. Tu ne veux pas que j'en sache trop sur Atlantidias Game, et je ne vois pas pourquoi, alors je me renseigne !

    - Mais..."


    A peine ai-je pu prononcé un seul mot, que Jade tourne la tête, et se dirige vers la salle spéciale pour Atlantidias Game. Que faire ?... Inconsciemment, je l'accompagne, et l'imite.


    Si je n'étais pas bête, je n'aurais pas commis cette erreur. Mais voilà, c'est trop tard.


    Je mets le casque.


    Tout à coup, je me sens drôle... Mais aussi admirative...


    Le 3D... Je peux le sentir sous mes doigts, le toucher... Tous mes sens sont bel et bien présents ! Incroyable. Je n'aurais jamais cru ça. Quand Quentin disait que ce jeu était sophistiqué, il n'avait pas tort.


    Un nouveau paysage se profile progressivement donnant naissance à la création de croquis élaborés et réalistes sous mes yeux éberlués et défigurés par l'étonnement.

    Puis, me laissant emporter dans cette vague de bonheur et de légèreté, je ferme mes yeux... Une sensation étrange inonde mon esprit...


    Mais... Un instant...


    Je porte mes mains à mon cou, prise d'une soudaine inquiétude.


    Le casque... Où est le casque ?

    Et la visière pour voir en 3D ?!... Mais que ?...


    Je regarde autour de moi... Rien... Rien pour sortir de ce jeu... Non !...

    Mais où est ce fichu casque ! Ce n'est pas possible, je ne l'ai pas enlevé, non, c'est impossible !...


    Pourtant, il faut se mettre à l'évidence...


    Je suis prisonnière du jeu... prisonnière d'Atlantidias Game, dont je ne connais ni les règles ni les lois...



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  • Une petite planche, très très vite faite (1 heure) pour vous donner une idée de qui nous sommes *^.^*


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    Un ch'tit questionnaire pour commencer...

     

    1- Qui êtes vous-vous ? (âge, prénom ?...)

    Moi (Yuuka ^^), de mon véritable prénom Marine – il y a aussi Hoaï Diep, mon prénom vietnamien xD – j'ai eu 15 ans le 10 décembre dernier ! Je ne suis pas bien grande, et toujours indécise. C'est moi qui m'occupe du site la majeure partie du temps. Yui (alias Caca * gnéhéhé * est de seulement 3 mois mon aînée ! Et elle est le contraire de moi puisqu'elle est pratiquement blonde huhuhu (y avait rien de méchant, je précise :p).

     

    2- Comment en êtes-vous arrivé là ?

    Bé, je cherchais quelqu'un avec qui collaborer (sinon, je pense que ce projet serait, comme tous les autres, tombé à l'eau), et puis... Quand je suis arrivée à Mayotte, j'ai pensé à... CACA ! (Yui, pardon). Je lui ai exposé mon projet, mes idées, mon scénario... Elle a trouvé ça chouette, et voici l'aventure Camarimi* qui commence ! (* la flemme d'expliquer Camarimi, hein, cherchez par vous-mêmes -_-).

     

    3- Quels sont vos futurs projets ?

    Rien de spécial. Le livre tout d'abord (et nan, pas le manga u_u), car c'est toujours plus simple quand le scénario est déjà bien « tracé ». Donc pour l'instant, rien n'est officiel pour le manga.

     

    4- Autre chose ?

    Pas tellement pour le moment. À part le fait que nous sommes deux à écrire le livre, ne l'oubliez pas ! :)

    <ppetite de="" mizuguchi="" sentation="" yui=""> <pbonjour tous=""> <payant -_-="" ...="" 15="" a="" ai="" aide="" aliser="" and="" appelle="" ations="" atlantidias="" attendant="" au="" avec="" avouer="" bain="" bamboo="" bien="" camille="" ce="" cette="" classe="" connexion="" crire="" d="" dans="" de="" des="" dessin="" dessiner="" dire="" dit="" du="" e="" en="" essaie="" est="" et="" etc...="" excellente="" fait="" faut="" fun="" game="" graphique="" il="" insiste="" internet="" j="" je="" joie="" l="" la="" le="" les="" livre="" m="" ma="" mal="" mangas="" me="" mettre="" mise="" mon="" moyen="" ne="" niveau="" nuls="" part="" partagez="" pas="" pen="" pendant="" pour="" pratique="" principalement="" profite="" que="" qui="" rare="" riques="" roman="" s="" seconde="" senter="" small="" solution="" suis="" sur="" tablette="" tait="" temps="" touch="" une="" vite="" yuuka=""> <psur bonne="" et="" t="" visite=""></psur></payant></pbonjour></ppetite>


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    Bonjour à tous ♥

     

    Alors déjà, un petit mot pour dire : merci à toutes les personnes qui me suivent depuis déjà bien longtemps, et qui me soutiennent =) Il y en a peu, mais ce sont ces personnes qui sont mes plus grands appuis pour continuer !

     

    Je suis très occupée, mais je compte bien faire Atlantidias Game ! Nous sommes toujours deux à écrire le livre (Yui et moi, Yuuka ^^).

    J'espère que vous suivrez l'aventure d'Atlantidias Game, comme vous l'aviez fait pour Tekibou, Twynx, Team 7... Et tous les autres !

     

    Je vous remercie pour votre patience, et espère que vous ne serez pas déçus...

     

    Yuuka.


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    CHAPITRE 1


    JADE


    Immobile. Le regard figé sur une chose lointaine, j'étais sur un banc. Mon banc. Coiffée d'un chapeau. Mon chapeau. Le vent soufflait par à coup à travers les arbres ; j'entendais le bruissement des feuilles, l'agitation des branches et le craquement des pas des promeneurs marchant sur les brindilles mortes jonchées sur le sol caillouteux. Brusquement, je retins un cri de surprise, puis j'hurlai affolée : "Mon chapeau !" Démarra alors une course folle : je courrai de plus en plus vite, sentant monter en moi une poussée d'adrénaline, tandis que le vent me fouettait le visage. Vite ! Je m'élançai du haut de mes sept ans et attrapai l'objet tant désiré, qui s'obstinait à voler toujours plus loin, toujours plus haut. Arrêt. Mon chapeau. Était-ce seulement mon chapeau ? Non. Le mien semblait identique, excepté le ruban, qui normalement était rose. Ici, il paraissait bleu. Mais alors ?... J'aurais pu m'en aller avec ce couvre-chef qui ne m'appartenait pas... Cependant, je levai la tête et m'aperçus qu'une fille de mon âge - que je n'avais pas remarqué jusque là - tenait mon chapeau avec fermeté dans ses fines et élégantes mains. Ses yeux bleu-gris étincelants demeuraient fixés si intensément dans les miens que je ne pus détourner mon regard. Elle n'était pas une fille comme les autres. Je le voyais. Je le sentais. D'une beauté irréprochable pour une fillette de sept ans à peine ! Fine et gracieuse, elle ne ressemblait ni à une poupée barbie sans vie et sans expression, ni à ces petites bourgeoises dans le "trop-plein" de superficiel.

    "- Amies ?... me demanda t-elle.

    - Pour la V..."


    "- Jaaaaaaaade ???!!!"

    - Heu... oui ? m'exclamai-je soporifiquement.

    - Hé, tu te fiches de moi ? Ça fait exactement trente minutes, vingt secondes et dix millisecondes que je te dis que ce serait m...

    - ...Mmmm... mieux que tu portes ta magnifique robe blanche bustier pour le bal de fin d'année, ma chèèèèère Éléonore !"


    Y a t-il au moins un bal en fin d'année ?


    "- UN BAL ?!" railla-t-elle gentiment.


    Bon... Vu sa réaction, il ne doit pas y en avoir...


    Mais oui ! En y repensant, depuis sa création, le lycée Jules Ferry n'a jamais organisé de soirées de promotion. JAMAIS.


    Oh oh. Je suis dans un sacré pétrin. Mais pourquoi ai-je dit ça ?


    Oh ! Vision d'horreur. Droit devant... J'avertis Éléonore de cette visite inattendue en lui adressant discrètement quelques signes significatifs. Il ne fallait pas être sorti d'une grande école pour remarquer le dégoût s'amplifier sur le visage de mon amie. Tant mieux ! Peut-être cela la rendra-t-elle amnésique ? Il faut y croire !...

    La dite personne, qui, au passage est un garçon, s'avançait toujours, un grand rictus aux lèvres signifiant soit porteur de mauvaises nouvelles ou de blagues inintelligentes (au choix). Lui, c'est un pourri-gâté jamais satisfait de ce qu'il a, qui aime se montrer en public, humilier quelqu'un devant toute la classe, exhiber ses performances sportives dans le but d'avoir toutes les filles à ses pieds... Pour tout vous dire, je le déteste. La liste péjorative le concernant est plutôt longue, mais je pense que cela suffit à cerner le type de jeune homme auquel on a affaire - oui, ça existe, et c'est avec grand regret que je vous l'apprends. Bon, c'est vrai que si j'étais une autre fille, je le trouverai pas mal dans son genre... En effet, si on en croit les ragots de certaines commères du lycée, il est charmant, élégant, intelligent, athlétique, et tout le tralala... ce qui se trouve être totalement absurde après avoir fait plus ample connaissance. Oh, néanmoins celle que je plains le plus c'est Éléonore. Elle est plutôt jolie (même avec ses lunettes, contrairement à ce que pourraient penser les mauvaises langues !) avec un côté sage et sérieux adorable . Enfin, moi je trouve ça chou. Et pour en revenir à cet autre "pôv' type", je crois qu'il l'aime bien : on voit ses yeux qui brillent quand il lui parle... Brr ça me donne des frissons rien que d'y penser. Ça y est, il est en face de nous et la nausée me saisit. Bon, avant qu'il nous tape la causette, une petite explication de la situation s'impose : nous sommes vendredi, dernière heure de cours, et plus particulièrement en permanence - notre professeur de français, Madame Vile, étant absente. Évidemment, nous voilà au fond de la salle - notez que c'est tout de même plus pratique pour discuter. Et à votre avis, comment "Môssieur-j'me-la-pète" a-t-il réussi à venir nous accoster ? Bah, il a tout simplement raconté au surveillant qu'il ne parvenait pas à résoudre un problème de maths et qu'Éléonore pourrait sûrement l'aider ! A-BU-SÉ, surtout qu'il n'a aucune difficulté scolaire, et encore moins en maths. Franchement, tout le monde devrait naître avec le même Q.I, ce serait plus équitable (vive la démocratie moi j'dis !) Ouh là, je dérive un peu. Revenons à nos moutons. Ou plutôt à...:


    "- Wladimir ! s'écria Éléonore, est ce que tu es obligé de venir nous voir à chaque fois, alors que Jade et moi avons beaucoup plus important à faire ?!"


    Heu, là, je ne suis pas d'accord avec elle. Raconter son dernier baby-sitting avec des gamins insupportables n'est pas plus intéressant que connaître les derniers potins de l'école.


    "- Ah non mais là j'en ai une bien bonne, il faut absolument que je vous la raconte, dit-il toujours tout sourire.

    - Ah ouais ? répliquai-je, amère.

    - Et oui... répondit-il mystérieux.

    - Elle arrive cette blagounette ? s'impatienta Éléonore.

    - Monsieur Wladi-Mir Vaisselle est prié de se dépêcher de raconter sa stupide et désobligeante plaisanterie digne d'être envoyée sur VieDeMerde.fr !

    - Merci pour le compliment, dit-il, ironique, tout en remettant sa mèche blonde d'un mouvement de tête - pff, tout bonnement pathétique. Alors, reprit-il, est-ce que vous sauriez qui est l'élève la plus "audacieuse" pour demander au professeur d'S.V.T "Comment fait-on pour connaître les empreintes digitales d'un squelette ?" ...?"


    Pff, j'ai envie de pleurer de rire. Qui aurait pu ?... D'autres élèves, ayant entendu notre conversation, ricanent et s'exclament en même temps qu'Éléonore et moi, laissant se propager une seule et même voix... :


    "CLARISSE !"


    Wladimir hoche la tête, hilare.


    Oui, bon, là aussi il faut que je vous explique. Ben oui, Clarisse, c'est vraiment un cas. Elle est très belle et charmeuse (à vrai dire les garçons l'aiment pour ça). En plus, elle s'habille tellement n'importe comment qu'elle pourrait ouvrir le magasin "PloucLand" ! Pour le côté positif, elle a de très bons résultats scolaires, toutefois elle le doit à sa chance, parce que non seulement elle n'apprend pas ses leçons et ne fait jamais ses exercices, mais en plus elle met des réponses au hasard dans ses interros et tout est miraculeusement juste ! Et comme vous avez pu le constater, elle est réellement... Ahem. Assez critiqué... quoique, si l'on entend les conversations aux alentours..."Ha ha ! Quelle débile !...", "C'était une blague ?...", "Heu fallait rire ou fallait pleurer ?...", "C'est vraiment une naze cette fille !", je n'en dirais pas moins. Bref, passons. Wladimir est là, devant moi et me fixe de ses yeux globuleux (entre nous, ses yeux ne sont pas globuleux mais, je n'arrive pas à lui attitrer un portrait flatteur, c'est plus fort que moi). En fait, cela dure depuis toujours : on se déteste. Heureusement, nous ne sommes pas comme entre chiens et chats : pas la peine de grogner, nos regards suffisent. Vraiment, je ne le supporte pas ! Tout le monde le sait, les gens on les aime ou on ne les aime pas pour "on-ne-sait-quelles-raisons". Ok, parlons de Wladimir positivement : il est grand, avec un beau visage digne d'une célébrité américaine et de petits yeux bleus presque turquoise. Il a aussi des cheveux châtains clairs couleur paille, raides avec des mèches blondes, coupés à "la Zac Efron", et aussi un...


    "- Quoi ? Pourquoi tu me regardes ? lâcha-t-il brusquement.

    - Je ne te regarde pas, j'admire ta chemise.

    - Qu'est-ce qu'elle a ma chemise ?!

    - Elle est... superbement hideuse. Mais bon, après tout...chacun ses goûts, hein ?

    - T'es vraiment une..."

    "DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING !!!"


    Je profite des cinq secondes de sonnerie pour mettre ma trousse en vitesse dans mon sac, et partir rejoindre Éléonore qui est déjà sortie (vu sa rapidité) pour éviter de croiser le regard de cet idiot de Wladimir.

    Et en plus, je n'aime pas son prénom.


    ***


    ÉLEONORE


    C'est tellement agréable de faire le chemin jusqu'à chez moi avec Jade... du moins, presque jusqu'à chez moi. En réalité, elle habite à cinq minutes du lycée et moi à dix. On discute de tout et de rien, comme le font de nombreuses filles je présume ! Le problème c'est que quelques fois je n'arrive pas à cerner Jade - disons qu'elle est extrêmement pensive et a donc une tendance à se détacher de la conversation pour se laisser emporter par ses pensées. Je n'ai jamais réussi à percer le fond de ses méditations, ce qui est quelque peu frustrant. En tant qu'amie je devrais le savoir, non ? Du moins, en savoir davantage sur ses rêveries, ses sentiments...

    Depuis notre rencontre, elle a sempiternellement été très mystérieuse, et n'a pratiquement pas dévoilé ses émotions, sa sensibilité... Est-ce réellement un comportement humain ? À peine un tracas surgit en moi, qu'elle s'en informe immédiatement par tous les moyens possibles et inimaginables (un conseil : n'essayez pas de deviner comment elle s'y prend, vous n'y arriverez pas !). Jade a continuellement été à l'écoute, et ceci en faisant preuve d'une patience et d'une gentillesse sans relâche. J'aimerais qu'elle sache aussi, que je serai toujours là pour elle, quoiqu'il arrive.

    Oups. On s'arrête chez elle. Petite embrassade en guise d'au revoir, et c'est reparti. Dès ce moment, je n'aime pas rentrer chez moi. Tout simplement, parce que je suis seule et je ne me sens pas à l'aise... comme si l'on m'avait enlevé un guide, une protection. Heureusement, le trajet n'est pas long, et voilà mon immeuble. Je tape le code en espérant de ne pas me tromper : A402209. Ouf, la porte s'ouvre (ma plus grande peur serait de ne pas pouvoir la déverrouiller). Je sonne. Je n'ai jamais de clé sachant qu'il y a toujours ma mère ou mon frère à la maison. Tiens d'ailleurs, c'est lui qui vient, j'entends ses pas lourds.


    "- Ah c'est toi, me fit-il blasé.

    - Merci, c'est gentil. Quel accueil chaleureux ! Où est maman ? demandai-je, hâtive.

    - Partie faire des courses.

    - Grpllllmefdfkjdsjfdl, grommelai-je.

    - Hmm, qu'est-ce que tu as dit ?

    - Non, rien. Eh ! Mais je rêve Grégoire ! m'exclamai-je en direction du placard.

    Tu as pris tous les gâteaux !

    - Eh oh, pas d'exagération sœurette, je t'en ai laissé deux ! Alors il n'y a pas mort d'homme...

    - Ah ouais, excuse-moi hein ! Deux sur vingt, comme c'est équitable dis-moi !"


    Et mes parents disent que c'est un matheux ? Et bien ! Il faudrait qu'il revoie ses cours sur la proportionnalité, parce qu'il y a d'énormes progrès à faire !


    "- Tss, si tu n'es pas contente, la prochaine fois je ne t'en laisserai pas du tout.

    - Espèce de..."


    Gros blanc. Ou plutôt, il ne reste que le son de la télévision, et de ces publicités stupides. Stupides, oui, mais je me retrouve tout de même béate devant ces idioties...


    "... le tout nouveau jeu vidéo "Atlantidias" ! Profitez de dix pour cent de réduction..."


    Hmm... Quelques réminiscences me reviennent concernant ce jeu... Il me semble avoir vu l'affiche en rentrant des cours. En tout les cas, je ne saisis pas l'intérêt de faire du marketing pour une telle futilité, qui, selon moi, est inintéressante, coûte cher et rend le corps et l'esprit amorphes. Voilà pourquoi, je ne me suis pas gênée de faire part de mes opinions à mon frère en lui vociférant :


    "- Pouah ! Quelle daube ce jeu !

    - Ah c'est bête, répondit Grégoire. Je l'ai acheté ! Et pas plus tard que ce matin.

    - QUOI ?!! Mais ça a dû te coûter une fortune ! Et pour quoi, hein ? Te crever les yeux et rendre ton cerveau encore plus compressé qu'il ne l'ai déjà ?!!"


    J'avoue y être allée un peu fort, mais depuis mon plus jeune âge, je suis une anti-game ! Mon frère devient tout pâle et bafouille d'une petite voix ces quelques mots :


    "- Mais les dix pour cent...

    - Réfléchis un peu ! Dix pour cent ce n'est rien ! Tu aurais au moins pu attendre que le magasin solde ! Tu fiches vraiment ton argent en l'air..."


    Treize ans. Mon petit frère a treize ans, et déjà est-il aveuglé par la société de consommation. Je l'ai pourtant mieux élevé que ça... heu non, laissez tomber ce que je viens de dire. Bon, trêves de bavardages, j'ai fait ma petite crise d'hystérie quotidienne et il est temps pour moi de me mettre au travail. Mes parents étant absents, je mangerai une conserve tout en révisant, comme chaque vendredi soir...


    ***


    JADE


    Décroche, décroche...

    "Vous êtes bien sur la messagerie de "Éléonore". Veuillez laisser un message après le BIP."

    Pour tout vous dire, Eléonore est du genre "double-face", à la fois ponctuelle et "pose-lapin" à ses heures perdues. On avait rencard dans le parc à côté du lycée comme chaque samedi de la semaine, mais MADAME a peut-être mieux trouvé à faire. Oh non, Wladimir se pointe... comme chaque samedi de la semaine malheureusement. Ses mauvaises ondes ne vont pas tarder à m'empêcher de penser normalement et intelligemment.


    "- Hey Jaja ! Qu'est-ce que tu fais là... toute seule ? Éléonore n'est pas là ? lança t-il d'un ton moqueur.

    - Non, elle n'est pas là ! Et de toute façon qu'est-ce que ça peut te faire ? m'exclamai-je.

    - Oh c'est bon, détente. Tiens, au fait, tu connais la dernière ?"


    Allez, c'est reparti pour un petit coup de main dans ses cheveux...


    "- Non ! dis-je, intriguée. Qu'est-ce que c'est ?

    - Et bien, fit-il. En fait...

    - Hmm... très intéressant. Non sérieusement, t'es lourd Wladimir ! Accouche bon sang !

    - Atlantidias... chuchota t-il mystérieusement.

    - Atlantidias ?!"


    C'est amusant, mais pour une fois, Wladimir vient de prononcer un mot qui aiguillonne ma volonté d'en savoir un peu plus à ce sujet.


    "- Tu pourrais être on ne peut plus explicite ?"


    Il prend son air calme et agaçant à la fois et me répond jovialement :


    "- The new game in the world ! A revolution !"


    ***


    Éléonore


    Ce n'est pas compliqué. Jade va me tuer ! Oublier notre rendez-vous du samedi au parc est une sacrée gaffe. Petit coup de peigne furtif et léger ombrage sur les paupières... Vite ! Ça y est, je cours comme une folle dans ma rue - déserte, heureusement - Jade ! Elle est encore là ! Ouf ! Avec Wladimir ?!! Étrange...


    "- Salut ! Je suis vraiment hyper ultra désolée d'être en retard, mais je n'ai pas vu le temps passer, avec tous ces devoirs - que je n'ai d'ailleurs pas terminés... - je me suis endormie, et...

    - Et c'est quoi le but du jeu ?" demanda Jade, tournée vers Wladimir et m'ignorant superbement.


    De plus en plus inquiétant. En toute bonne femme de situation (rires), je prends les choses en main en criant assez fort pour que Jade percute que je viens d'arriver.


    "- ALORS CA VA ? QU'EST-CE QUE TU AS FAIT DE BEAU HIER ?"


    J'ai beau l'air d'être fêlée, elle remarquerait ma présence au moins, non ?


    "- Atlantidias game ? Ah ouais ? Mais il y a combien de niveaux ?" continua Jade complètement absorbée.


    Atlantidias. Pourquoi être autant dévoué pour ce jeu ? Même Jade. Éperdument mise à l'écart, je ressens un sentiment de solitude profonde. Bien entendu, je ne désespère pas, telle est ma devise "Qui ne tente rien, n'a rien". J'essaie donc patiemment d'engager la conversation, la tête remplie d'espoir et essayant de vider celle de Jade de toutes ces idioties.


    "- T'AS FAIT TES MATHS ?"


    D'une vive célérité, la sourde se tourne brusquement en ma direction, les yeux remplis d'une irritation quelque peu effrayante.


    "- Bon Éléonore, ça fait une demi-heure que je t'attends désespérément et maintenant que tu es là, j'ai envie que tu partes ! Ne le prends pas mal, mais je parle avec Wladimir d'un sujet très intéressant et j'aimerais que tu nous laisses tranquille ! OK ??

    - Mais je..., tentai-je.

    - S'IL-TE-PLAIT !"


    Elle paraît à bout. Rouge et bouillonnante, c'est la première fois qu'elle s'attaque à moi de cette façon. Pourquoi ? Nous nous sommes déjà quelque peu disputé mais sans suite... Je m'éloigne, quand soudainement, j'aperçois Clarisse s'approcher du "petit-groupe-Wladimir-Jade-copains-copains". Elle marche, l'air de rien - la pauvre, j'aurais quand même voulu la prévenir que Jade n'était pas dans son état normal. Ça y est, la situation va exploser.


    "- Heu, vous avez fait vos maths ?" demanda Clarisse innocemment.


    Oh non. Tu n'avais pas une autre question ? Exactement ce qu'il ne fallait pas demander... paix à ton âme, pauvre petite créature sans défense... et c'est le cas de le dire, les conséquences s'annoncent des plus désastreuses.


    "- PUNAISE MAIS Y A DE QUOI PÊTER LES PLOMBS AVEC VOUS !!! VOUS ME SAOULEZ TOUS DEPUIS CE MATIN ! Y A PAS A DIRE, C'EST VRAIMENT UNE JOURNEE DE MERDE !"


    Oui. C'était prévisible. Je pourrais même vous deviner la suite des évènements : Jade va s'en aller, frustrée et quelque peu honteuse de sa réaction, elle va réfléchir chez elle pendant cinq bonnes minutes, et quand le courage lui sourira elle me téléphonera pour me présenter platement ses excuses, pas à Clarisse, cela ne servirait à rien vu qu'elle aura oublié d'ici deux minutes que Jade venait de lui crier dessus (la mémoire de poisson rouge est un triste évènement qui surgit fréquemment chez certaines personnes). Chose dite, chose faite, d'un élan énergique, Jade-la-compulsive rentre chez elle, les poings sur les hanches, tapant des pieds et le tout agrémenté d'un joli visage rouge vermeille.


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